Projet de caractérisation des bandes riveraines en milieu agricole

  L’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie (OBVAJ) en collaboration avec le Groupe conseil agricole de l’Abitibi et le Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) sont fiers de vous présenter un projet de caractérisation de bandes riveraines en milieu agricole Avec ma bande riveraine, j’y gagne ! Grâce à une subvention obtenue du programme Prime-Vert, ce projet réalisé sur le bassin versant de la rivière Harricana sera développé pendant la période estivale 2017.

Le projet vise à soutenir les propriétaires de terrains agricoles en bordure d’un plan d’eau afin d’améliorer la qualité de l’eau en réduisant les pollutions potentielles provenant des activités agricoles et afin d’augmenter la production économique des exploitations à long terme.

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Bande riveraine arborescente en milieu agricole (source photo: COPERNIC)

Mais qu’est-ce qu’une bande riveraine ?

Une bande riveraine est une zone de transition d’un écosystème aquatique vers un écosystème terrestre. Elle représente donc une bande de végétation se trouvant le long d’un cours d’eau ou d’un lac, à partir de la rive vers le milieu terrestre. On l’appelle également la « zone tampon ». Selon la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, elle est délimitée par la ligne des hautes eaux et devrait généralement présenter une largeur de 10 à 15 m en milieu résidentiel et agricole. Plusieurs municipalités imposent une distance de minimale de trois (3) mètres en milieu agricole, dont un (1) mètre doit se situer sur le replat du terrain. Pour être efficace, sa largeur doit être proportionnelle à sa pente et elle doit être composée d’une diversité de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres. Plus la bande enherbée est large, plus le ruissellement de l’eau est ralenti et plus la bande riveraine est efficace.

Cette vidéo, réalisée par nos collègues de l’OBV Abrinord, qui vous démontre les effets positifs des bandes riveraines.

La bande riveraine permet, on le sait bien, de protéger les eaux de surface contre les pollutions du milieu agricole, mais ce qui est moins connu, c’est qu’elle octroie des effets économiques bénéfiques pour les agriculteurs. Beaucoup de réticences perdurent chez les agriculteurs quant à l’implantation des bandes riveraines. Nous vous invitons donc à consulter les liens suivants qui présentent des témoignages d’agriculteurs un peu partout sur le territoire Québécois.

Mythes et réalité de la bande riveraine (UPA)

Témoignage d’un agriculteur ayant participé au projet À chacun sa bande !

http://www.granbyexpress.com/actualites/2013/6/20/a-chacun-sa-bande-riveraine-3284591.html

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À quoi sert la bande riveraine ?

Fonctions économiques bénéfiques aux agriculteurs:

 

  • Elle prévient l’érosion de la berge, la stabilise et prévient donc la perte de terres agricoles par le ruissellement des eaux ;
  • Elle permet un effet de brise-vent, ce qui engendre un effet important sur une meilleure production agricole;
  • Elle peut augmenter le phénomène de pollinisation et favorise la biodiversité (particulièrement bénéfique pour les cultures maraîchères);
  • Elle diminue l’avancée au champ des ravageurs et des maladies;
  • Elle permet de sécuriser et de faciliter les activités culturales près des plans d’eau;
  • Elle augmente la productivité économique des superficies facilement inondables difficiles à drainer et à travailler;
  • Elle réduit les coûts  d’entretien des cours d’eau;
  • Elle diminue les risques d’inondation;
  • Permet de respecter la règlementation.

Fonctions écologiques essentielles:

 

  • Elle permet de retenir et de filtrer les polluants potentiels (fumiers, engrais, pesticides, etc.) des plans d’eau;
  • Elle retient les sédiments;
  • Elle augmente la biodiversité en offrant un habitant adéquat aux espèces fauniques terrestres et aquatiques;
  • Elle permet de régulariser la température de l’eau;
  • Elle diminue les risques d’inondations;
  • Elle permet de régulariser le cycle de l’eau.

Ce que vous offre le projet !

Afin de soutenir les agriculteurs dans une démarche d’adaptation aux changements climatiques, qui augmenteront nécessairement avec les années les risques de problématiques au champ et de pertes de rentabilités économiques, les coordonnateurs de ce projet permettront à dix (10) propriétaires de bénéficier gratuitement d’une caractérisation d’un lot agricole en bordure de rive.

Le projet Avec ma bande riveraine, j’y gagne ! permettra aux agriculteurs d’obtenir un juste portrait de l’état de leurs rives et consiste en un premier pas vers une recherche de financement afin de développer un projet éventuel de végétalisation à moindre coût.

Comme les entreprises agricoles sont dans l’obligation de maintenir une bande riveraine minimale, ce projet accordera à différents propriétaires de terrains agricoles un accompagnement pas à pas vers l’implantation d’une bande riveraine adéquate, adaptée aux besoins de l’agriculteur.

Pour s’assurer de son efficacité, la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables recommande l’implantation d’une bande riveraine élargie d’une largeur minimale de 10 à 15 mètres selon les spécificités du terrain.

Les différents types de bandes riveraines

Il existe trois (3) grandes catégories de bandes riveraines :

       1.  La bande riveraine herbacée

Cette bande riveraine est majoritairement composée de plantes herbacées pouvant accueillir des plantes pour les pollinisateurs lorsque le besoin se présente. Elle peut également être utilisée en fonction d’en retirer des revenus supplémentaires, par exemple par la récolte de foin. Cette bande riveraine ne requiert comme entretien, qu’une à deux coupe par année de 15 à 30 cm à la fin juillet et à l’automne. Toutefois, une seule coupe est à favoriser à la fin août si le but est d’augmenter la présence de pollinisateurs. Ses avantages sont donc qu’elle permet la culture, tout comme elle permet un niveau élevé de filtration des sédiment afin de protéger le plan d’eau. Cependant, elle est à proscrire si votre berge présente des signes d’érosion. Si vous chercher à stabiliser votre berges et prévenir la perte de terrain, elle ne consiste pas en la meilleures solution.  Le faible système racinaire des plantes herbacées ne permettra pas de prévenir ou de stopper la perte de terrain. Il est alors préférable d’opter pour les deux types suivants.

       2. La bande riveraine arbustive :

La bande riveraine arbustive est constituée d’une (1) à trois (3) rangée d’arbustes en bordure du talus. Ce type de bande riveraine permet de mieux stabiliser la berge car le système racinaire des arbustes est plus important et mieux ancré que celui des plantes herbacées afin de protéger contre l’érosion et le décrochement. Plus il y a de rangées d’arbustes, plus le talus sera stabilisé Différents avantages sont attribuables à l’utilisation de ce type de bande riveraine. Elle permet entre autres de retenir les animaux ravageurs loin des champs. Vous trouverez par exemple trois fois moins d’espèces tel le rat musqué et autres animaux parasites. De plus, certains arbustes peuvent être rabattus après quelques années afin de contrôler leur grosseur. Il est possible d’implanter des arbustes à petits fruits pour augmenter la productivité. Afin de diminuer l’entretien des arbustes, il est possible d’installer un palis de plastique à la plantation afin de réduire la prolifération de  mauvaises herbes les deux (2) premières années, ceci afin de permettre une croissance optimale de l’arbuste. La taille des arbustes à long terme n’est généralement pas nécessaire. L’implantation de ce type de bande riveraine permettra la stabilisation du talus permet de réduire à long terme les coûts d’entretien des cours d’eau. Elle présente également un niveau moyen de protection contre les inondations.

       3. La bande riveraine arborescente :

Ce type de bande riveraine est majoritairement constitué de différentes essences d’arbres indigènes. Tout comme pour la bande riveraine arbustive, il est possible d’installer un palis de plastique à la plantation afin de réduire la prolifération de  mauvaises herbes les deux (2) premières années, ceci pour permettre la croissance optimale de l’arbuste. La bande riveraine arborescente est la plus efficace contre l’implantation d’espèces faunique indésirables en milieu agricole car le système racinaire important des arbres diminue la possibilité pour les petits animaux de creuser des terriers. Ces terriers sont souvent également une cause d’érosion des berges. Par contre, si l’utilisation seule d’arbres pour une bande riveraine ne permet pas une grande efficacité filtrante des polluants potentiels au plan d’eau. La faible densité des arbres (moins rapprochés que les arbustes et les plantes herbacées) ne permet pas de retenir les eaux de ruissellement qui se dirigent vers le plan d’eau. Un effet très avantageux de l’implantation de ce type de bande riveraine, particulièrement pour la région de l’Abitibi, c’est qu’elle procure un effet brise-vent important, ce qui permet d’augmenter la rentabilité au champ.

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Bande riveraine herbacée

(source photo: UPA, 2017)

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Bande riveraine arbustive

(source photo: COVABAR, 2017)

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Bande riveraine arborescente

(source photo: UPA, 2017)

Pour obtenir un rendement optimal de la bande riveraines et ainsi bénéficier de tous ces avantages, il est nécessaire d’implanter une bande riveraine de trois strates, une strate herbacée, une strate arbustive et une strate arborescente. Ce type de haine riveraine apportera assurément à votre entreprise agricole la meilleure rentabilité possible.

Vous avez également la possibilité de ne pas intervenir et de laisser pousser la végétation naturelle si elle est suffisante afin de retenir les sédiments et si votre berge ne présente pas de signe d’érosion. Le plus important, c’est de ne pas laisser le sol nu, de ne pas y faire de labours ni d’y ajouter des intrants qui risquent décontaminer les plans d’eau. Il est important de rappeler qu’aucune machinerie n’est autorisée dans le cours d’eau.

Le Groupe-conseil Gestrie-Sol a développé un outil d’informations présentant les différents modèles de bandes riveraines pouvant être développés en milieu agricole selon vos besoin. Vous pouvez consulter le document en clinquant ici.

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La bande riveraine élargie, ce n’est pas une grande superficie…

La perception erronée que l’implantation d’une bande riveraine élargie occasionne une perte importante de superficie est démontrée par le schéma suivant. Celui-ci présente le calcul de la superficie des terres utilisées afin de mettre en place une bande riveraine de 15 mètres.

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L’Union des producteurs agricoles se mobilise !

En mars dernier, l’Union des producteurs agricoles (UPA) lançait un vaste programme de sensibilisation des producteurs agricoles aux bienfaits de l’implantation d’une bande riveraine végétalisée. Un site internet entièrement dédié au programme Opération bandes riveraines a été mis en ligne et nous vous invitons à le consulter en cliquant ici.

Vous pourrez consulter sur ce site, divers projets de végétalisation de bandes riveraines auxquels différents producteurs agricoles ont participé au Québec. Ces projets ont visé les mêmes objectifs que vous offre le projet Avec ma bande riveraine, j’y gagne !. Vous pourrez constater leurs commentaires et les résultats bénéfiques dont les agriculteurs bénéficient maintenant.

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Pour participer au projet contactez-nous !

L’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie

(OBVAJ)

 

informations@obvaj.org

tél : (819) 824-4049, poste 304

ou venez nous rencontrer en personne à l’adresse suivante :

615, Avenue Centrale, suite 202

Val-d’Or, Québec

J9P 1P9

Le Groupe conseil agricole de l’Abitibi

(GCA)

 

gcaa@gcaq.ca

tél : (819) 732-0710

ou venez nous rencontrer en personne à l’adresse suivante :

263, 1ère Avenue Ouest

Amos, Québec

J9T 1V1

Les partenaires

Le Groupe conseil agricole de l’Abitibi est le fier partenaire de réalisation du projet aux côtés de l’OBVAJ. Le GCAA participera à toute les activités du projet et y apportera toute son expertise.

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Ce projet est réalisé en vertu du sous-volet 3.1 du programme Prime-Vert 2013-2018 et a bénéficié d’une aide financière du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

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