Lac Florentien : une grande réussite!

Lac Florentien : une grande réussite!

Photo: De gauche à droite; Mme Judith Sénéchal, directrice générale de l’OBVAJ, M. Jean-Pierre Hamel, biologiste au MFFP, M. Jacques Cormier, président de l’Association de chasse et pêche de Val-d’Or, M. Jean-Pierre Lessard, lieutenant du service de protection de la faune

Le lac Florentien est un lac de 40 ha situé à mi-chemin entre Val-d’Or et Rapide-Sept. Lui et ses lacs satellites sont des lacs désignés de « kettles ». Ils sont situés directement sur la ligne de partage des eaux, séparant les bassins hydrographiques du Saint-Laurent et de la Baie-James. Les lacs de « kettles » ne possèdent aucun affluent et effluent. Ils sont généralement alimentés par de l’eau de pluie ou des sources diffuses.  De 1950 à 1978, le lac Florentien a fait partie d’un club privé, aboli en 1978 suite à la prise de position du gouvernement québécois. Depuis, le lac Florentien est victime de sa popularité. Certains pêcheurs y ont utilisé des appâts vivants de meunier noir, qui ont rapidement envahir le lac Florentien au détriment des espèces indigènes, notamment de la truite mouchetée (omble de fontaine).

Une restauration s’impose!

En 2010, un projet de restauration du lac Florentien a été amorcé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, ainsi que leurs partenaires (Hydro-Québec, Fondation de la faune du Québec et l’Association chasse et pêche de Val-d’Or), afin de réintroduire l’omble de fontaine dans le lac Florentien. En effet, cette espèce se reproduisait naturellement sur les frayères du lac, mais avait pratiquement disparu suite à l’envahissement par les espèces aquatiques exotiques.

Le lac Florentien fût donc traité en 2010 à la roténone, une molécule ichtyotoxique agissant au contact des branchies, afin d’éliminer les espèces compétitrices qui y étaient présentes. Trois ensemencements d’omble de fontaine ont ensuite eu lieu, pour un coût total de 165 000 $. Depuis 2010, l’omble de fontaine est la seule espèce de poisson présente dans le lac, ce qui lui permet une productivité impressionnante de 200 kg de poisson, soit l’équivalent de 650 poissons de 30 cm.

[blockquote text= »Un parfait exemple d’une gestion intégrée de l’eau! » show_quote_icon= »yes »]

Une réouverture attendue depuis longtemps

Pour la première fois cette année, la pêche est ouverte au lac Florentien pour une courte période, soit du 1er au 15 août 2016. La limite de prise est aussi réduite à un quota de 5 poissons par jours. Les pêcheurs sont grandement encouragés à remettre les plus gros poissons à l’eau, puisque ceux-ci sont de meilleurs reproducteurs et que seule une infime partie des œufs produiront des poissons en un an. De même, il est fortement encouragé de remettre les femelles à l’eau; celles-ci ont des têtes plus arrondies que les mâles et possèdent une mâchoire inférieure en forme de crochet qui s’imbrique dans la mâchoire supérieure. Il est aussi recommandé d’utiliser des hameçons circulaires qui prennent prise dans la mâchoire du poisson au lieu de son œsophage, réduisant le taux de mortalité après la remise à l’eau de 50%.

Soyez vigilants!

L’utilisation de poissons-appâts, vivants ou morts est interdite au lac Florentien pour des raisons évidentes.

Or, il y a d’autres espèces exotiques envahissantes pouvant nuire à la restauration et la préservation du lac Florentien. Deux espèces sont particulièrement inquiétantes, soit le myriophylle à épis et le cladocère épineux .

Photo:

Myriophylle à épis: Isabelle Simard, MDDELCC

Cladocère épineux: J. Liebig, NOAA, GLERL

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Le myriophylle à épis est une plante aquatique se reproduisant par fragmentation, ce qui veut dire qu’un seul petit fragment d’un centimètre de cette plante est suffisant pour lui permettre d’envahir un lac dans lequel il a été introduit en deux ans! Cette plante cause de gros problèmes au niveau de la santé des lacs, puisqu’elle utilise les nutriments nécessaires aux autre plantes aquatiques s’y trouvant. Aussi, au niveau de la pêche, sa tige très solide peut s’emmêler dans les hélices des moteurs, pouvant aller jusqu’à abîmer ceux-ci.

Le cladocère épineux, quant à lui, est un petit crustacé possédant une longue queue épineuse pouvant blesser les jeunes poissons cherchant à s’en nourrir. C’est avec les épines qui sont sur sa queue qu’il s’accroche aux lignes et aux filets de pêche. Le cladocère se reproduit extrêmement rapidement et entre en compétition avec les espèces de zooplanctons déjà présentes dans le lac, espèces servant de garde-manger aux poissons. Or, puisque les poissons ne peuvent consommer de cladocère, il est possible d’observer un impact négatif sur leurs populations suite à son arrivée.

Laver son bateau lorsque l’on passe d’un lac à l’autre est l’unique façon de prévenir la propagation de ces espèces.

Il est important de bien laver son embarcation, ainsi que ses équipements de pêches, afin de prévenir l’arrivée de ces espèces exotiques envahissantes dans les lacs de l’Abitibi-Jamésie! Il faut donc inspecter son embarcation, enlever les boues, les plantes et les animaux, vider l’eau de la cale et du vivier, et enfin laver à l’eau chaude à haute pression ou, si cela est impossible, laisser sécher le bateau pendant au moins cinq jours pour les espèces végétales (myriophylle à épi) et 14 jours pour les espèces animales (cladocère épineux) afin de tuer les espèces envahissantes pouvant s’y trouver encore.

Venez-nous voir!

La station de lavage de Arntfield, inaugurée récemment, sera présente la fin de semaine du 5 au 7 août 2016. L’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie sera aussi présent lors de la fin de semaine du 12 au 14 août 2016.

Si vous avez des questions ou que vous souhaitez en apprendre plus sur le lavage de bateau, passez nous voir! N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions!

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